Gâchis au G8 et au G20
Près de 1 milliard de $ en trois jours, rien que pour la « sécurité » de ces deux sommets internationaux tenus le week-end dernier à Toronto. C’est presqu’autant que toute la contribution canadienne à la « santé maternelle» au cours des cinq prochaines années. Il faut le rappeler : sur la planète, à chaque année, pas moins de 350 000 femmes meurent en couches ou des suites de l’accouchement!
Le Président français a déclaré qu’il dépensera 10 fois moins pour la sécurité quand les mêmes sommets se tiendront dans son pays. Si M. Harper avait écouté les recommandations du maire de Toronto, il en aurait coûté beaucoup moins; ce dernier avait, en effet, suggéré de tenir les sommets en dehors du centre ville.
Comme à son habitude, M. Harper n’en a fait qu’à sa tête.
C’est l’État qui a le monopole de l’usage légal de la violence (police, armée etc.) Cela vient avec la responsabilité de faire un usage raisonnable et raisonné de la force. De toute évidence, ce n’a pas été le cas à Toronto ou les forces de l’ordre ont procédé à plus de 900 arrestations; c’est un record canadien!
C’est vrai qu’il y a eu des provocateurs. Ceux-ci ne sont pas les bienvenus parmi les rangs de ceux et celles qui veulent manifester et s’exprimer pacifiquement; de nombreuses personnalités, comme le dirigeant actuel d’OXFAM Québec l’ont affirmé haut et fort. Je l’appuie totalement.
J’ai quand même de la difficulté à comprendre que la police, avec ses immenses moyens, soit incapable d’isoler ces fauteurs de trouble; elle a manifestement choisi, au contraire, de « fesser » dans monsieur et madame tou’l monde.
Dans des circonstances similaires à Montréal en 2000, une enquête a démontré que 23 agents de la Sûreté du Québec et 8 constables de la Police de Montréal s’étaient déguisés en manifestants et infiltrés dans les rangs des protestataires. Ces « policiers en civil » étaient sûrement en plus grand nombre à Toronto. Alors, pourquoi n’ont-ils pas été capables d’isoler les provocateurs membres du Black Blok? Après tout, ces derniers n’étaient pas plus que quelques dizaines.
Steven Guilbeault
Normand P.
Commentaire mis en ligne le 12 juillet 2010Il est tout de même étonnant que des chefs d'État ne puissent se réunir sans avoir à craindre pour leur sécurité. Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec le pape qui en est réduit à se promener dans des endroits publics dans un véhicule blindé. Le coût est astronomique, mais doit-on blâmer les politiciens pour ça? La liberté d'association et de manifester existe au Canada, mais les forces de l'ordre doivent être en mesure de contrôler tout dérapage. Ces groupes "alternatifs" sont probablement bien intentionnés, mais peuvent être infiltrés autant par des provocateurs (Black Block) que par des policiers provocateurs.
Si le maire de Toronto affirme qu'il ne tenterait plus cette expérience, le maire de Québec avait aussi fait une déclaration semblable, il y a de cela quelques années. Étrangement on entend ces maires s'exprimer sur cette question après les visites, jamais avant ou pendant celles-ci. Si on pense vraiment à sauver de l'argent, pourquoi ne pas tenir ces réunions dans des Républiques sud-américaines reconnues pour leur peu de respect des Droits de l'Homme? Ces provocateurs auraient à faire face à la torture, aux escadrons de la mort et à un état policier. C'est à eux et tous ces groupes de pression que devrait être envoyée cette facture de 1 milliard de dollars. Certains abusent allégrement des libertés individuelles qui existent ici et ce sont les contribuables qui sont pénalisés.