Stephen Harper et son ami Brian Mulroney (Photo PC)
Pauvre Brian Mulroney!
Il voulait à tout prix avoir une enquête pour blanchir son nom dans l’affaire des enveloppes brunes de Karlheinz Schreiber.
Mulroney l’a eu son enquête. Stephen Harper lui a donné. Mais ça n’a pas fini tout comme Mulroney pensait.
Le juge Jeffrey Oliphant a pris deux ans. L’enquête a coûté 14 millions $ dont la plupart en frais d’avocats et en dépenses de consultations.
Et lorsque le juge avait fini, il ne restait plus grand choser du bon nom du malheureux Mulroney. Le juge L’a accusé de manque de jugement, manque d’éthique, d’apparence de conflit d’intérêt, de comportement inapproprié, même de témoignage absurde.
Jamais un premier ministre dans l’histoire du Canada n’avait été vilipendé autant par un juge de commission d’enquête.
C’était pire que ce que Jean Chrétien avait eu à manger du juge John Gomery dans l’affaire des commandites.
Le juge a même accusé Mulroney de ne pas avoir dit toute la vérité lors de son procès en libelle diffamatoire contre le gouvernement fédéral en 1996.
Cela a fait dire aux partis d’Opposition la semaine dernière que Mulroney devrait remettre les 2,1 millions $ que le gouvernement l’avait payé en dédommagements pour l’avoir accusé d’avoir été en affaire avec Schreiber.
Harper demanderait-il une chose pareil à son ami Brian? Au contraire, Harper lui a envoyé un autre 1,8 millions $ pour aider à payer ses avocats.
La Commission Oliphant avait établi hors de tout doute que Mulroney avait bel et bien accepté les fameuses enveloppes brunes de Schreiber dans des chambres d’hôtels à Mirabel, au Reine Élizabeth à Montréal, et à l’hôtel Pierre à New York -- des enveloppes bourrées de billets de mille piastres que Mulroney avait fourré dans un coffre-fort dans son sous-sol de sa maison de Westmount. En total, des centaines de milliers de dollars.
Le tout avait été fait sans contrats, sans reçus, sans dépôts bancaires, pour mieux dissimuler l’affaire, a dit le juge.
Et pour cela, Mulroney était sensé aller faire du lobbying à l’étranger pour Schreiber, à Paris pour voir François Mitterrand, en Russie pour
Voir Boris Ieltsine, et en Chine, supposément pour promouvoir des chars blindés de Schreiber bâtis au Canada.
Tout le monde que Mulroney avait cité est mort, donc personne pour seconder sa version. Pas impressionnant pour le juge. Et quel ancien premier ministre aurait voulu vendre des armes militaires à des pays tel que la Russie et la Chine communiste?
Mulroney se promène toujours au Canada. Il n’y a pas de plaintes au criminel ni au civil contre lui, mais il ne reste pas grand chose de sa précieuse réputation qu’il voulait défendre avec tant d’ardeur.
Quant au magouilleur Karlheinz Schreiber, aussitôt son témoignage fini, le Canada l’a renvoyé dans son Allemagne natale, et les Allemands l’ont flanqué en prison pour huit ans. À 74 ans, huit ans de prison c’est épeurant.
Ainsi finit la saga du Très Honorable Brian Mulroney.