Michael Ignatieff
La grosse machine libérale se réveille
Les Libéraux ont dépassé le Bloc dans les intentions de vote des Québécois dans le dernier sondage CROP.
La dernière fois que les Libéraux sont ‘sortis’ si forts au Québec remonte à 2004 juste avant le scandale des commandites.
Les Libéraux sont à 37 % et le Bloc à 31 %. Les malheureux Conservateurs sont à 15 % et les néo-démocrates à 12 %.
Les Libéraux ont gagné sept points dans un mois au Québec; les Conservateurs en ont perdu sept. C’est un changement monumental.
Le succès Libéral est dû au nouveau chef Michael Ignatieff. Il est perçu à 45 % comme celui qui ferait le meilleur premier ministre, tandis que Harper est à seulement 17%.
Ignatieff, surnommé « Iggy » par les siens, passe très bien au Québec. Il semble être en tournée continuelle, deux ou trois discours par jour, bien préparé dans ses notes, bien organisé dans sa pensée, conscient des intérêts de son auditoire. Il leur dit ce qu’ils veulent entendre.
Ä Embrun, au cœur de la francophonie ontarienne, il leur dit qu’il financera de nouveau leur luttes linguistiques avec le retour du Programme de contestation judiciaire. Ä Calgary il leur dit qu’ils sont le nouveau cœur de l’économie canadienne.
Ça nous rappelle Stephen Harper au début de son opération de séduction du Québec il y a trois ans. Rien qui accroche. C’est comme ça que des élections se gagnent d’avance.
Ignatieff passe bien à la télévision, comme on a vu à Tout le monde en parle. Il paraît confiant et sûr de lui-même à la Chambre des communes, impressionne les hommes d’affaires, séduit les femmes, embrasse les enfants. Enfin, le prof de Harvard passe pour un vrai Canadien.
D’ailleurs, Michael Ignatieff vient de publier son quinzième livre sur ses racines canadiennes; c’est un récit de son voyage à travers le Canada à l’été de 2000.
Et l’argent rentre à gauche et à droite. Durant les derniers trois mois le parti Libéral a ramassé 1,8 millions de dollars, comparé à 830 000 $ à pareille date, l’année dernière. Le mois dernier à Toronto il y avait 1 500 personnes à 1 000 $ le couvert venu l’écouter.
Le sondage CROP n’est pas un indicateur garanti du résultat des prochaines élections mais l’effet psychologique d’être en première place est indéniable. Ça remonte le moral des troupes.
Les Libéraux se voient gagnants pour la première fois depuis très longtemps. De quoi à leur faire oublier Stéphane Dion.
Mais tout ça pourrait facilement changer. Les Québécois ne sont pas fidèles à leurs politiciens. Ce sont des girouettes politiques.
On sait combien le pauvre Jean Charest a monté et descendu dans leur estime, pour remonter et redescendre de nouveau, comme sur manège à La Ronde. Bienvenu au Québec, monsieur Ignatieff. Vous voilà averti.
Mais voilà, les Libéraux sont tellement forts au Québec que le Bloc n’a pas d’intérêt à provoquer des élections hâtives en aidant les Libéraux à battre les Conservateurs à la Chambre des communes.
Donc le succès populaire d’Ignatieff au Québec assure pour le moment la continuité du gouvernement Harper.
Mais il y a des imprévus. Bien que le congrès Libéral à Vancouver soit un couronnement d’Ignatieff, surveillez bien le co-président du congrès, un certain Justin Trudeau.
Trudeau pourrait bien voler la vedette à Ignatieff et devenir à ce congrès ce que Barack Obama est devenu lors de sa présentation remarquable de John Kerry au congrès du Parti démocratique américain à Chicago en 2004.
1tel
Commentaire mis en ligne le 5 mai 2009serais-se lui qui va donnez un pays aux canadiens!