MONTREAL - Inondée de plaintes et de "tuyaux" invraisemblables sur des histoires à dormir debout qui se répandent à toute vitesse sur internet, la Sûreté du Québec a décidé d'adopter une approche innovatrice pour enrayer le phénomène.
Elle a ajouté, sur son site internet, un hyperlien visant à éduquer les Québécois sur les risques qu'il y a à propager des légendes urbaines et autres mystifications, dans l'espoir que le public fasse un peu plus de recherche avant de retransmettre ces douteux messages.
A titre d'exemple, une rumeur qui circule abondamment veut que des seringues contaminées par le VIH soient laissées sur les sièges de salles de cinéma, et que des virus informatiques se propageant à grande vitesse détruisent des disques durs d'ordinateurs.
Ce n'est pas la première fois que la police prévient la population des canulars qui circulent, mais en octobre dernier, la SQ a été renversée de constater que son propre logo et les noms d'officiers fictifs apparaissaient sur la Toile.
La police espère maintenant que les gens développeront le réflexe d'aller voir sur son site internet pour vérifier si l'information incroyable dont ils viennent de prendre connaissance ne ferait pas partie des plus récentes légendes urbaines. "Si l'histoire paraît trop invraisemblable pour être vraie, c'est probablement qu'elle ne l'est pas", commente la porte-parole de la SQ, le sergent Joyce Kemp.
La policière a rappelé qu'un citoyen peut être accusé de méfait public s'il est pris à disséminer de fausses informations dans le but de leurrer la population.
Des spécialistes universitaires du folklore ont dit n'avoir jamais entendu parler d'une telle approche de la part de la police face au problème des légendes urbaines. Et ils doutent que cela mette un frein aux folles rumeurs. "Ils peuvent bien mettre toute l'information qu'ils veulent, ils ne rejoindront pas toute la population, de toute façon", prévoit le docteur Paul Smith, qui enseigne à l'Université Memorial, à Terre-Neuve-et-Labrador.
Pour Mikel Koven, un Canadien qui enseigne à l'University of Wales et appartient à une société de chercheurs sur les légendes contemporaines, le meilleur moyen de déboulonner les mythes serait de donner une formation aux policiers. "Il ne s'agit pas de vérité ou de fiction. Les gens vont croire ce qu'ils veulent bien croire."
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