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Une motion pour la reconnaissance de la nation n'est pas prioritaire pour Dumont

Presse Canadienne Article mis en ligne le 15 septembre 2008 à 23:00
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QUEBEC - Le chef de l'opposition Mario Dumont a déclaré mardi qu'il n'était pas prioritaire pour lui de déposer à l'Assemblée nationale une motion demandant à Ottawa d'inscrire la reconnaissance de la nation québécoise dans la Constitution du Canada.
M. Dumont, qui a pourtant fait de ce dossier sa priorité numéro un dans sa liste de revendications aux partis fédéraux en campagne, n'a pas exclu la possibilité de le faire éventuellement.
Mais il a insisté sur l'importance d'obtenir d'abord l'appui du gouvernement du premier ministre Jean Charest même si, avec le soutien acquis des péquistes, une telle résolution obtiendrait déjà la majorité à l'Assemblée nationale.
"C'est le genre de sujet où tu fais avancer le Québec quand tu as un consensus, a-t-il dit lors d'un entretien à La Presse Canadienne. Faire une motion, on peut le faire parfois pour forcer le jeu, c'est pour ça que ce n'est pas exclu."
Selon le chef adéquiste, qui répondait ainsi à un défi lancé par le chef bloquiste Gilles Duceppe, les motions qui ont eu le plus de portée ont été adoptées à l'unanimité par tous les partis du parlement provincial.
"C'est un enjeu important, mais d'en faire une motion à l'Assemblée, là-dessus, c'est un flash que Gilles Duceppe a eu pour s'en sortir, a-t-il dit. Mais ce n'est pas parce que lui l'a dit, que le geste précis de faire une motion devient un geste prioritaire dans l'ensemble de ce qui peut être fait pour faire avancer une cause comme celle-là."
Le chef adéquiste a affirmé qu'il avait déjà invité M. Charest à déposer une motion au sujet de la reconnaissance constitutionnelle de la nation québécoise, mais sans succès.
M. Dumont a affirmé qu'une des conditions qui l'inciterait à prendre l'initiative, même sans l'appui de M. Charest, serait de constater qu'un tel geste ferait avancer la cause.
"Il faut qu'on sente qu'on est à un moment où ça pourrait débloquer quelque chose, que c'est en jeu", a-t-il dit.
Mardi, le bureau de la chef péquiste Pauline Marois a indiqué que les députés du PQ étaient disposés à appuyer éventuellement une telle résolution.
La semaine dernière, M. Duceppe a mis au défi M. Dumont de présenter une motion à l'Assemblée nationale exigeant la reconnaissance constitutionnelle de la nation québécoise.
Le chef bloquiste a affirmé que le chef conservateur Stephen Harper aurait ainsi le fardeau de démontrer que sa déclaration faite sur le sujet à la Chambre des communes, à Ottawa, est plus que symbolique.
Par ailleurs, M. Dumont a soutenu mardi qu'une intervention de l'ancien ministre libéral Thomas Mulcair pour empêcher Hydro-Québec d'accorder une subvention à un groupe environnemental était un exemple d'ingérence du gouvernement dans les affaires d'une société d'Etat.
M. Dumont s'est inquiété que le gouvernement n'ait toujours pas versé au Centre québécois d'actions sur les changements climatiques une subvention de 2 millions $ que M. Mulcair a admis, lundi, avoir fait annuler il y a deux ans.
Le chef adéquiste a affirmé que le gouvernement de M. Charest devait rendre des comptes au sujet de cette décision ainsi que pour d'autres subventions accordées par Hydro-Québec à des organismes.
Selon M. Dumont, l'aveu de M. Mulcair, qui était alors ministre québécois de l'Environnement, témoigne d'une contradiction du discours du gouvernement concernant son souci d'indépendance envers la société d'Etat.
S'appuyant sur des extraits de courriels de M. Mulcair publiés lundi par Le Devoir, le chef adéquiste a soutenu que le directeur de cabinet de M. Charest à cette époque, Stéphane Bertrand, était intervenu auprès d'Hydro-Québec au nom de l'ancien ministre libéral, qui est candidat néo-démocrate aux élections fédérales.
M. Dumont a affirmé que l'explication de M. Charest, "qui fait tout reposer sur M. Mulcair", ne tient pas la route.
"Le bureau du ministre de l'Environnement ne peut pas passer de commande à Hydro-Québec, ça ne peut venir que du bureau du premier ministre", a-t-il dit.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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