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Le nombre d'élèves augmente dans les écoles privées, contrairement au public

Presse Canadienne Article mis en ligne le 16 septembre 2008 à 23:00
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QUEBEC - Alors que le nombre d'élèves a diminué constamment dans les écoles publiques au cours des cinq dernières années, les écoles privées connaissent la tendance inverse, indiquent des données du ministère de l'Education.
L'effectif fréquentant le réseau privé au préscolaire, primaire et secondaire était de 125 087 élèves l'année dernière, en hausse de huit pour cent comparativement aux 115 200 qu'il comptait durant l'année scolaire 2002-2003.
Pendant ce temps, le réseau public a perdu sept pour cent de ses effectifs depuis cinq ans, indiquent des données publiées par le ministère en juillet dernier. Durant l'année scolaire 2007-2008, les écoles publiques ont accueilli 924 530 élèves, alors qu'ils étaient 989 838 en 2002-2003.
Au total, 1,05 million d'enfants fréquentaient les deux réseaux l'an dernier, soit 55 000 de moins que cinq ans plus tôt, en raison notamment de la baisse de la natalité au Québec.
Claire Lapointe, chercheure à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, estime que ces deux tendances opposées témoignent de la mauvaise perception envers l'enseignement dans les écoles publiques.
Selon Mme Lapointe, une grande partie de la population pense que le privé offre de meilleures chances de succès scolaire et social et protège des influences négatives, alors que des recherches démontrent que le choix du réseau d'enseignement n'est pas un facteur.
"Comme on pense que c'est ça la réalité, si on a les moyens les parents font ce choix-là, a-t-elle dit lors d'une entrevue. Et même quand ils n'ont pas les moyens, ils vont faire le sacrifice parce qu'ils croient que leurs enfants ont plus de chances de réussir en allant dans le système privé."
Mme Lapointe a affirmé que des études effectuées aux Etats-Unis et en Alberta démontrent pourtant qu'à situation économique et sociale comparable, les chances de réussite sont égales tant au privé qu'au public, notamment parce que le contexte familial est plus déterminant.
"C'est des choses que les parents ne croient pas, alors il y a cette croyance au Québec que l'école privée est meilleure et protège les enfants d'influences négatives du secteur public, qui est ouvert à la société", a-t-elle dit.
Mme Lapointe ne croit pas que la tendance à la hausse observée au privé va s'atténuer et elle juge que tout cela nuit à la capacité de l'école publique de continuer d'améliorer les résultats de ses élèves, puisqu'elle doit accepter toutes les inscriptions.
"L'école privée sélectionne au départ et ensuite rejette les enfants qui ont des problèmes de comportement ou des difficultés d'apprentissage trop grandes, a-t-elle dit. Alors l'école privée n'est pas obligée de les garder, tandis que l'école publique doit garder tous les enfants."
Mme Lapointe a aussi noté que l'accessibilité de l'école privée est facilitée au Québec grâce aux subventions du gouvernement provincial qui prennent en charge 60 pour cent de ses coûts d'opération, soit le plus important soutien au pays.
"Partout au Canada l'école privée est vue comme un choix personnel qu'on doit assumer presque entièrement, alors qu'au Québec c'est vu comme étant une responsabilité de l'Etat de financer les deux systèmes", a-t-elle dit.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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