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Dion se lance sur un terrain de prédilection de Harper, et l'accuse de mentir

Presse Canadienne Article mis en ligne le 7 septembre 2008 à 23:00
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Dion se lance sur un terrain de prédilection de Harper, et l'accuse de mentir
Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe. LA PRESSE CANADIENNE /Paul Chiasson
MONTREAL - Au lendemain du déclenchement de la campagne électorale, le chef du Parti libéral, Stéphane Dion, s'est lancé lundi sur un terrain de prédilection du Parti conservateur en plus de réserver ses attaques les plus cinglantes pour le chef conservateur Stephen Harper.
A quelques jours du deuxième anniversaire de la fusillade du collège Dawson de Montréal, M. Dion a fait un arrêt à cette institution d'enseignement pour mettre M. Harper au défi de répondre positivement à une recommandation du coroner qui suggérait d'interdire les armes semi-automatiques.
Le chef libéral a annoncé qu'un gouvernement libéral ne perdrait pas de temps à agir en ce sens.
"Moi, je ne me laisse pas aveugler par l'idéologie, a dit le chef libéral. Nous savons que le contrôle des armes à feu est une mesure efficace pour lutter contre la délinquance et protéger les Canadiens."
Le thème de la loi et l'ordre était un élément central des conservateurs lors de leur campagne en 2006. La campagne qui vient d'être lancée risque aussi de reprendre largement ce sujet.
Mais s'ils sont en faveur d'une approche plus sévère en matière de justice, le contrôle des armes à feu ne s'inscrit pas dans l'approche conservatrice, a rappelé lundi M. Harper.
"Je ne pense pas qu'en imposant l'enregistrement de chaque fusil de chasse et carabines, ou en ayant plus de restrictions sur les armes, nous réduirons les crimes perpétrés avec des fusils", a indiqué M. Harper, qui faisait campagne en Colombie-Britannique.
Mais s'il désire que sa promesse puisse se concrétiser, M. Dion devra redoubler d'ardeur. Le plus récent sondage Harris-Décima réalisé pour le compte de La Presse Canadienne suggère que les conservateurs disposent d'une avance substantielle devant les libéraux.
D'après cette enquête, menée la semaine dernière auprès de 1000 électeurs, 36 pour cent des électeurs appuient les conservateurs et 28 pour cent les libéraux; les néo-démocrates récoltent 15 pour cent des suffrages et le Bloc québécois, de même que les verts, en recueillent chacun neuf pour cent.
La consultation a été effectuée entre le 4 et le 8 septembre, et comporte une marge d'erreur n'excédant pas 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.
La bataille du Québec sera particulièrement importante pour déterminer qui remportera l'élection, et aussi pour décider si le prochain gouvernement sera minoritaire ou majoritaire.
Le Bloc québécois, bien au fait de la menace que représentent les conservateurs, a lui aussi décider de prendre le taureau par les cornes. Lundi, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, s'est rendu à Québec en cette deuxième journée de campagne, là où les conservateurs règnent en maîtres depuis la dernière élection.
M. Duceppe a déclaré lundi que même les fédéralistes peuvent se retrouver au sein du Bloc puisque la souveraineté ne se décidera pas à Ottawa.
"Il y a des fédéralistes qui font appel aux souverainistes. M. Blackburn (Jean-Pierre, ministre conservateur) dit très ouvertement aux péquistes: "Même si vous êtes souverainistes ce n'est pas grave, vous pouvez voter pour moi". Si ce raisonnement est valable dans leur cas, il est valable aussi dans notre cas", a fait valoir M. Duceppe.
De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, faisait campagne dans les Territoires du Nord-Ouest, où il a dit vouloir imposer un moratoire sur tout nouveau projet d'exploitation des sables bitumineux en Alberta.
Guerre de mots
La palme de la guerre de mots est allée, lundi, au chef libéral qui s'en est pris avec vigueur à M. Harper.
M. Dion en a visiblement assez des charges à fond de train des conservateurs qui, à son avis, colportent "mensonge après mensonge" à son sujet et tout particulièrement sur son "Tournant vert", son plan de taxe sur les émissions de gaz à effet de serre.
Ce plan est au centre des attaques des conservateurs depuis des semaines et le déclenchement de la campagne n'a rien changé à cette donne. Encore lundi, le Parti conservateur dévoilait une nouvelle série de publicités où le plan libéral y est décrit comme un risque pour l'économie canadienne et le portefeuille des contribuables.
Après avoir encaissé les assauts sans trop broncher, M. Dion a invité Stephen Harper à cesser les mensonges.
Le chef conservateur ne semble pas enclin à se plier à la requête de son adversaire.
Poursuivant sur le thème adopté depuis quelques semaines, M. Harper a continué lundi sa campagne de séduction de la famille de classe moyenne. Les conservateurs, qui espèrent être reportés au pouvoir pour un deuxième mandat, visent très clairement cette tranche de la population pour gagner une majorité.
Pas de verts au débat
Par ailleurs, le consortium des réseaux de télévision a annoncé lundi la formule retenue pour les débats des chefs. Après discussion, les réseaux ont décidé d'en exclure la chef du Parti vert, Elizabeth May, qui entend porter sa cause devant les tribunaux.
Le Parti conservateur, le Bloc québécois et le NPD s'opposaient à la participation de Mme May.
"Il était clair que si le Parti vert avait été inclus, il n'y aurait pas eu de débat des chefs", a fait valoir le consortium, dans un communiqué de presse.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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