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Harper accueilli par des manifestants en colère; des rumeurs assaillent Dion

Presse Canadienne Article mis en ligne le 15 septembre 2008 à 23:00
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Harper accueilli par des manifestants en colère; des rumeurs assaillent Dion
Bob Rae écoute Stéphane Dion lorsqu'ils font campagne en Nouvelle-Ecosse. LA PRESSE CANADIENNE /Frank Gunn
MONTREAL - Le chef conservateur Stephen Harper a beau répéter que le Canada s'en tire malgré tout assez bien au plan économique, la réalité l'a rattrapé, mardi, des travailleurs du secteur manufacturier lui ayant réservé un accueil particulier.
Une vingtaine de manifestants de la région de Kitchener, des travailleurs du secteur de l'automobile sur le point de perdre leur emploi, ont bruyamment exprimé leur mécontentement à M. Harper, dérangeant son point de presse quotidien habituellement réglé au quart de tour.
La colère des travailleurs n'a pas fait broncher le chef conservateur, qui a minimisé l'impact de leur présence dans sa campagne électorale.
"Ce sont les mêmes qui manifestaient lors des dernières élections", a-t-il lancé, devant élever la voix pour se faire entendre au-delà des sirènes et des slogans criés dans un porte-voix.
Le secteur manufacturier canadien connaît des moments difficiles. On estime que ce secteur a perdu plus de 300 000 emplois au cours des cinq dernières années.
Mardi, le chef conservateur a soutenu que les économies se doivent de changer et que l'industrie manufacturière doit évoluer en misant davantage sur les nouvelles technologies.
"Ce que nous tentons de faire avec l'industrie manufacturière est d'encourager l'investissement et les machineries qui moderniseront le secteur et lui permettront d'être plus compétitif sur le marché international", a indiqué M. Harper.
Dans les régions où les pertes d'emplois dans le secteur manufacturier se font lourdement sentir, les propos de M. Harper pourraient bien tomber à plat.
Le Bloc québécois semble d'ailleurs miser sur la grogne des travailleurs de ce secteur envers le gouvernement conservateur pour tenter de gagner des appuis.
En campagne dans les régions éloignées du Québec, là où les économies ont été durement affectées par la crise des secteurs forestier et manufacturier, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, dépeint son parti comme le meilleur allié des travailleurs et des régions aux économies chancelantes et désertées par les jeunes.
Depuis le début de la semaine, M. Duceppe parle dans tous ses discours de l'insuffisance du plan d'aide conservateur pour les communautés monoindustrielles et de la décision du gouvernement Harper d'affecter la totalité du surplus budgétaire à la dette, plutôt que d'en utiliser une partie pour aider les régions à faire face à la mondialisation.
"Ce que je fais remarquer aux Québécois, c'est qu'il y a un gouvernement en place, au moment où les temps sont difficiles pour le monde ordinaire, qui aide les plus riches de la société. Ca me semble tout à fait à l'encontre de toute logique", a-t-il fait valoir de passage à Alma, au Lac-Saint-Jean.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a aussi décidé d'exploiter cette grogne. Le chef néo-démocrate, Jack Layton, était d'ailleurs de passage à Welland, dans le sud de l'Ontario, où des centaines d'employés de la compagnie John Deere ont appris récemment qu'ils allaient perdre leur gagne-pain.
"Pas un politicien ne peut garantir des emplois, mais je peux vous garantir que nous allons nous battre pour ces emplois", a insisté M. Layton.
Le chef libéral Stéphane Dion a pour sa part ridiculisé l'approche de M. Harper, rappelant que l'économie canadienne s'est dégradée depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir, en janvier 2006.
"Il dit: "Ne vous inquiétez pas, soyez heureux"", a illustré M. Dion.
Dion tente de faire taire les rumeurs
D'autre part, le chef libéral a tenté de faire taire les rumeurs de dissension au sein de son parti. Histoire de montrer le visage d'un parti uni, Bob Rae et Scott Brison, deux des candidats à la course à la direction du parti en décembre 2006, se sont portés à la défense de leur chef.
"Je ne suis pas un libéral anonyme. Je suis Bob Rae. Je suis très fier de notre chef" et de la campagne qu'il mène, a expliqué M. Rae, faisant référence aux articles de journaux qui citent des sources libérales critiquant sous le couvert de l'anonymat le chef libéral.
M. Dion faisait campagne mardi à Halifax, où il a promis 900 millions $ pour un programme national d'assurance-médicaments; ainsi qu'à Sherbrooke où il a dévoilé son intention de créer un fonds de 420 millions $ en quatre ans pour favoriser l'embauche de médecins, d'infirmières et de techniciens médicaux.
Harper veut un mandat fort
Il évite de prononcer l'expression "gouvernement majoritaire", mais le chef conservateur a dit souhaiter mardi "un mandat fort" pour pouvoir imposer ses mesures en matière de justice criminelle.
Lors d'une table ronde avec des médias multiculturels de la grande région de Toronto, M. Harper a montré des signes d'impatience envers le Bloc québécois, le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique (NPD) qu'il accuse d'avoir bloqué systématiquement toutes les initiatives de son gouvernement sur le sujet.
"Les autres partis ne croient pas au durcissement des lois contre les criminels. Ils vont les combattre, les amender et y faire obstruction (...). C'est pour cela que nous avons besoin d'un mandat fort", a prétendu M. Harper.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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