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Charest plonge dans la campagne et écorche Harper, aux prises avec d’autres soucis

Presse Canadienne Article mis en ligne le 17 septembre 2008 à 23:00
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Charest plonge dans la campagne et écorche Harper, aux prises avec d’autres soucis
Le premier ministre Stephen Harper refuse de congédier son ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld
MONTREAL - Un autre chef politique est débarqué sans invitation dans la campagne électorale fédérale, jeudi, et son arrivée a fait grand bruit puisqu'elle relance une vieille chicane fédérale-provinciale.
Piqué au vif par les déclarations de la ministre du Patrimoine, Josée Verner, mais surtout par celles du chef conservateur Stephen Harper, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a remis à sa place son vis-à-vis fédéral en lui rappelant qu'il n'a pas à se mêler de la façon dont la province gère ses finances.
En marge de la réunion de son caucus réuni à Victoriaville, M. Charest n'a pas mâché ses mots pour dire à M. Harper de se mêler de ce qui le regarde.
"Je n'ai pas de comptes à rendre au gouvernement fédéral sur la gestion des fonds publics au Québec, a-t-il riposté lors d'un point de presse. Les comptes que j'ai à rendre, moi, c'est à l'électorat québécois."
Plus tôt en journée, M. Harper avait affirmé que M. Charest ne pouvait pas réclamer le rétablissement de financements fédéraux pour la culture et le développement économique régional après avoir offert des baisses d'impôt, décidées à la suite d'un versement de fonds fédéraux devant corriger le déséquilibre fiscal.
"Nous avons donné tellement d'argent au gouvernement du Québec qu'il était capable non seulement de financer les programmes, mais de donner cet argent aux contribuables sur des (baisses) d'impôt", a-t-il avancé jeudi, à Trois-Rivières, où il était de passage en cette 12e journée de campagne électorale.
Plus encore, selon le leader du Parti conservateur, le Québec ne peut plus faire appel à un autre palier de gouvernement "pour sauver la situation" et devrait gérer ses "propres finances". M. Harper a de plus argué que les baisses d'impôt du gouvernement Charest sont la preuve que le déséquilibre fiscal est chose du passé.
M. Charest n'est pas non plus d'accord sur cet aspect. Il cite en exemple les sommes que doit toujours verser le fédéral pour financer l'éducation postsecondaire.
L'échange à distance entre deux hommes auparavant plutôt sur la même longueur d'ondes laisse croire que les "vieilles chicanes" entre Ottawa et Québec ne sont pas éliminées, comme s'est plu à le répéter Stephen Harper au cours des derniers des mois.
Depuis le début de la semaine, le fossé se creuse entre les conservateurs et le gouvernement de Jean Charest, et le blâme de M. Harper sur les baisses d'impôt est venu jeter de l'huile sur le feu.
Plus tôt cette semaine, la ministre du Patrimoine, Josée Verner, répondant aux critiques contre ses coupes dans les programmes culturels, avait prétendu que le Québec avait les moyens de financer lui-même ses artistes.
D'autres controverses
Comme si des chicanes avec Québec n'étaient pas suffisantes, le chef conservateur a dû faire face à tout un lot de controverses, jeudi.
Ses trois adversaires ont réclamé à grands cris la démission immédiate du ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, à la suite de ses blagues douteuses pendant la crise de la listériose.
Pour le chef libéral Stéphane Dion, qui faisait campagne à Toronto où il a promis 70 milliards $ en 10 ans pour les infrastructures, M. Ritz a fait preuve d'un "complet manque de sensibilité (...) sur un enjeu qui a mis en cause des vies humaines".
"M. Harper, le temps pour l'action est maintenant. Mettez Gerry Ritz à la porte maintenant", a renchéri le chef néo-démocrate, Jack Layton, de passage à Winnipeg où il parlait de soins à domicile.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, en campagne en Gaspésie, a rappelé que "le directeur des communications de M. Harper a dû démissionner pour moins que ça (la semaine dernière). Là, il s'agit d'un ministre, qui a des responsabilités ministérielles et qui tient des propos tout à fait inacceptables, indéfendables".
Malgré tout, M. Harper a refusé de demander la démission de son ministre.
En point de presse à Trois-Rivières, jeudi, M. Harper s'est défendu de ne pas traiter ses ministres de la même façon que son personnel.
La Presse Canadienne révélait, mercredi, que M. Ritz avait fait des jeux de mots douteux lors d'un appel conférence portant sur l'éclosion de cas de listériose, disant que son gouvernement se faisait "charcuter". Les victimes avaient contracté la bactérie après avoir mangé des charcuteries.
Il avait également dit espérer que la prochaine victime soit le député libéral Wayne Easter, son critique en matière d'agriculture.
M. Ritz s'est excusé publiquement mercredi, en fin de soirée.
M. Harper a aussi défendu un autre de ses ministres, Jason Kenney, qui a accusé le Bloc d'entretenir des relents de xénophobie et d'intolérance auprès d'un certain électorat.
Les demandes du Bloc, qui exige des excuses, sont demeurées lettre morte.
"Qu'ils n'essaient pas de s'en sortir par la porte d'en arrière. C'est odieux ce qu'ils ont dit là", a lâché le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, à l'issue d'un point de presse consacré au développement régional, sur les rives de la Baie-des-Chaleurs.
Dans une autre affaire, le bureau du ministre Lawrence Cannon a cependant offert des excuses pour des propos tenus par une de ses adjointes de son bureau de comté, dans Pontiac.
Quelques manifestants autochtones réclamaient une réunion avec le ministre, de passage dans son comté mercredi, lorsque son adjointe, Darlene Lannigan, leur a dit qu'ils en auraient une à condition qu'ils se comportent convenablement et qu'ils soient "sobres".
Cette remarque a été enregistrée par les caméras d'APTN, le réseau de télévision des Premières Nations. Le réseau diffusait l'incident mercredi soir.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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