OTTAWA - De nouvelles méthodes de vérification permettront bientôt de mieux scruter l'usage qui est fait des milliards de dollars de fonds publics versés par le ministère des Affaires indiennes et du Nord aux réserves autochtones et de mettre à jour les cas de comptabilité déficiente, de détournement ou de fraude - s'il y en a.
Le ministre des Affaires indiennes et du Nord, Chuck Strahl, a affirmé que la plupart des nations autochtones utilisent de manière appropriée l'argent fédéral, dont une bonne partie leur est versée dans le cadre de traités historiques.
Toutefois, des critères plus sévères permettront de mieux suivre la comptabilité des quelque 6 milliards $ que verse chaque année son ministère et fourniront des réponses aux membres des bandes indiennes qui se préoccupent de la façon dont leurs dirigeants gèrent ces sommes.
M. Strahl se dit "convaincu que la plupart des premières nations font de leur mieux avec l'argent qu'elles reçoivent". Mais il peut arriver, comme dans n'importe quel gouvernement, qu'on doive demander des comptes à certains.
"Dans les cas extrêmes, il se pourrait que quelqu'un prenne de l'argent dans la caisse sans le mentionner", a-t-il dit. Les vérifications pourraient avoir comme résultats de simples changements aux méthodes comptables, mais aussi permettre la mise au jour d'actes illégaux.
A compter du 1er juillet, les transferts aux réserves pour l'éducation, le logement et d'autres programmes comporteront une clause autorisant les Affaires indiennes à analyser par la suite si ces sommes ont été correctement administrées. A l'heure actuelle, le ministre ne peut même pas faire le suivi des sommes dépensées quand des membres d'une bande indienne accusent leur chef ou leur conseil de mauvaise gestion.
La Loi sur les Indiens qui s'applique à la plupart des 600 premières nations du Canada et qui date du 19e siècle, est pratiquement muette sur la question de la transparence fiscale.
Un conseiller spécial de l'Assemblée des Premières Nations a fait remarquer que les chefs se plient depuis des années à des dispositions semblables s'appliquant aux sommes versées par d'autres ministères en matière de santé, de patrimoine et de développement social. Les Affaires indiennes sont simplement le dernier ministère à se doter de telles mesures de contrôle, a dit Dan Wilson.
Selon lui, les autochtones n'apprécient pas le fait que les Affaires indiennes "tentent de présenter cela comme un grand progrès dans la reddition de comptes de la part de ces méchants chefs corrompus".
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